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ImmobilierImmobilierUne année exceptionnelle pour le logementUne année exceptionnelle pour le logement |
| La Tribune |
| 12 décembre 2005 |
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L'année 2005 est déjà qualifiée d'historique dans les annales du logement en France. Qu'on en juge : le chiffre de 405.000 mises en chantier, une hausse de 42.000 unités par rapport à 2004, n'avait pas été atteint depuis vingt ans, tandis que les transactions enregistrées devant les notaires atteignent des niveaux élevés, plus de 600.000 dans l'ancien. Les montants des crédits accordés aux acquéreurs s'élevaient fin septembre à 104,8 milliards d'euros, contre 88,1 milliards d'euros fin septembre 2004, marquant une hausse de près de 20 %. Et l'octroi de crédits continue de progresser. Le nombre d'accédants à la propriété de leur résidence principale qui auront emprunté cette année s'élèvera à 750.000.
Des taux d'intérêt bas et des durées de prêt allongées. Le relèvement de 25 points de base du principal taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) le 1er décembre dernier, désormais porté à 2,25 %, ne devrait avoir que peu d'impact sur les négociations de prêts selon les professionnels. "Pour qu'une correction plus violente se mette en place, il faudrait une remontée rapide et marquée des taux longs, ce qui nous paraît peu probable", confirme Olivier Eluère, de la direction des études économiques du Crédit Agricole.
Stabilisation des prix
Plusieurs indices laissent présager une stabilisation des prix pour 2006. Leur folle progression enregistrée ces dernières années, évaluée par l'Insee à plus de 60 % depuis 1998 et plus rapide que celle des revenus des ménages, s'atténue à l'heure même où se profile une moindre solvabilité des candidats aux revenus les plus modestes. "Les prix ont atteint un niveau tellement élevé dans certaines régions qu'une prise de conscience psychologique freine les ardeurs", remarque Me Catherine Carely de la chambre des notaires de Paris. Malgré la pénurie de foncier en France, qui fait grimper les prix, le secteur du logement neuf affiche une excellente santé. Le nombre des ventes s'est apprécié de 6 % (61.839 unités) sur les six premiers mois de 2005, tirées par les maisons individuelles, un rêve pour 82 % de Français.
Hausse des loyers
Sur le marché de l'ancien, qui représente près des deux tiers des acquisitions de logements, les prix ont reculé de 0,2 % au mois de septembre, plaçant le rythme de croissance annuel à 11,8 %, selon la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim). Les évolutions selon les régions sont naturellement contrastées. Paris demeure la ville la plus chère de France avec un prix moyen de 4.869 euros/m2. Toutefois, le ralentissement de la hausse est particulièrement visible avec + 2,5 % au premier semestre 2005, contre + 4,5 % sur la même période de 2004, selon une étude sur le marché résidentiel publiée par le cabinet CBRE. Le phénomène est encore plus saisissant en Île-de-France avec une hausse des valeurs vénales de seulement 5 % sur les six premiers mois de l'année, contre + 17,5 % un an auparavant. En régions, les prix n'avaient augmenté que de 9,4 % à la fin du premier semestre, contre 16,4 % un an plus tôt.
Sur le marché locatif, la hausse s'est poursuivie en 2005 dans toute la France, à l'exception de Lyon. Le loyer moyen mensuel dans l'Hexagone s'élève à 11,8 euros/m2 pour les appartements, en augmentation de 3,5 % par rapport à 2004, et à 8,8 euros/m2 pour les maisons (+ 1,1 %). Deux raisons à ce renchérissement : les exigences des propriétaires lors des renouvellements de baux et la croissance de l'indice des coûts à la construction (ICC) sur lequel sont indexés les loyers. L'entrée en vigueur, le 1er janvier 2006, d'un nouvel indice pondéré entre l'inflation, les coûts de la construction et les prix d'entretien et d'amélioration de l'habitat devrait calmer le jeu. Au moins jusqu'à l'été. "Effet de saisonnalité oblige, l'essentiel des évolutions s'observe entre le 15 juin et le 15 octobre, analyse Michel Mouillart, professeur à l'université de Paris X-Nanterre. Or la santé du marché locatif est en étroite corrélation avec les conditions économiques. Il faudra attendre de connaître l'orientation de la croissance en 2006 et celle du taux de chômage..."
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