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Immobilier : Sous le soleil exactement

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Sous le soleil exactementSous le soleil exactement

Les Echos
19 mai 2006
Sous le soleil exactement

Actifs et retraités se ruent vers les régions ensoleillées à la recherche d'une autre qualité de vie. Ainsi, la Provence-Alpes-Côte d'Azur attend, d'ici à vingt ans, près de 1 million de nouveaux arrivants. Quant à l'immobilier, il irradie.



Nice accueille les retraités
Nice accueille les retraités

Entre les deux recensements de l'Insee, de 1999 à 2004, la région Languedoc-Roussillon a vu arriver 259.000 nouveaux habitants. Le phénomène est de même ampleur dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur où, d'ici à vingt ans, ce sont près de 1 million de nouveaux arrivants qui sont attendus. Ce mouvement de population a bien évidemment une incidence directe sur le marché immobilier, tant sur celui des centres-villes que sur celui des périphéries, mais également sur les stations du littoral ou dans les villages de l'arrière-pays. Les jeunes actifs recherchent le centre alors que les quadragénaires n'hésitent pas à investir, par exemple, en bord de mer ou en pleine campagne, quitte à faire quelques kilomètres pour rejoindre leur lieu de travail.

Les retraités ont aussi une approche différente de l'habitat, comme le souligne une étude réalisée par l'Observatoire de la Caisse d'Epargne : « Les jeunes retraités à la recherche d'un cadre de vie choisi, souvent éloigné des zones urbaines, pratiquent une mobilité d'épanouissement, alors que les plus âgés choisissent plutôt la proximité afin de se rapprocher des services et s'installent davantage dans les zones urbaines ou en périphérie de celles-ci. » Mouvement contraire à celui des actifs et, pourtant, il faut bien loger tout le monde dans des segments de marchés différents. En plein centre-ville, tout est pour le mieux, les jeunes visent les petites surfaces et les retraités âgés les grands appartements pour jouir d'un bel espace. En périphérie, dans les stations ou les villages, la situation est plus complexe, chacun recherchant une surface généreuse et bien placée. Reste que cette analyse schématique de la demande souffre bien sûr d'exceptions. L'offre, de son côté, ne correspond pas forcément aux attentes. Avec pour résultat des prix qui subissent toujours une forte pression même si elle apparaît moins importante depuis le début de l'année.

Provence-Alpes-Côte d'Azur Pour retraités argentés

Ligne de mire des retraités, la Côte d'Azur. « Le phénomène n'est pas nouveau et provoque une demande récurrente sur les trois ou quatre-pièces dans des immeubles haussmanniens », constate Eric Albertini de l'agence Foncia Masséna à Nice. Depuis longtemps en effet, la ville abrite retraités français mais aussi étrangers, Anglo-Saxons notamment. Parmi les secteurs convoités, le centre-ville, entre le boulevard Victor-Hugo et la mer, où les valeurs des appartements bourgeois se négocient autour de 4.000 euros le mètre carré, voire plus pour les derniers étages avec terrasse.

La promenade des Anglais a toujours la cote : la vue sur la baie des Anges fait oublier le bruit. Et là, il faut compter, dans les étages élevés, plus de 5.000 euros le mètre carré. Difficile en revanche de faire monter les retraités vers le quartier Cimiez, « trop loin du centre et de la mer, ce qui demande un moyen de transport ». Pourtant, un trois-pièces dans un des anciens palaces rénovés ou dans une des résidences de luxe avec piscine attend preneur à partir de 400.000 euros. Sur les Monts-Boron ou Alban, les prix peuvent dépasser les 6.500 euros le mètre carré et les maisons franchir le million d'euros sans qu'il y ait vue sur la mer.

Nice n'accueille pas que les retraités. Des actifs y habitent dans le secteur des Musiciens, proche de la gare, ou celui de Riquier au-dessus du port - prochainement desservi par le tramway - où les valeurs oscillent de 2.000 à 3.200 euros le mètre carré. Cannes est fortement plébiscitée par les retraités français ou d'Europe du Nord. Dans la « banane » qui va de la Croisette à la gare, la fourchette de prix est large, de 10.000 à 15.000 euros le mètre carré entre la rue d'Antibes et la Croisette et entre 6.000 et 8.000 euros le mètre carré au niveau de la voie rapide. Sur les hauteurs, le secteur résidentiel de la Californie donne une large place aux maisons de plus de 200 mètres carrés frôlant les 2 millions d'euros. Antibes affiche toujours des niveaux élevés. Au Cap-d'Antibes (Eden Roc ou la Pinède), rien à moins de 10.000 euros le mètre carré : seule issue plus abordable, le centre-ville, très vivant, où le mètre carré se négocie entre 5.000 et 7.000 euros. A défaut de trouver sur ces villes-stations mythiques, on peut se déplacer vers les villes du Var, un peu moins chères, ou dans le Luberon ou les Alpilles où les prix flambent pour des demeures anciennes pleine de charme et de senteurs provençales.

Midi-Pyrénées Pour actifs invétérés

Toulouse et Montpellier débordent de vitalité. Secteurs économiques en expansion, villes étudiantes en plein développement, proximité de la mer et de la montagne. Rien de tel pour capter une population avide de plan de carrière, de bonnes facultés pour les enfants et de changement de paysage avec en prime du bon air et des loisirs à portée de main. Rien d'étonnant donc que ces métropoles régionales et leurs communes environnantes fassent un tabac. Toulouse, la quatrième ville de France, jouit d'un dynamisme économique à tout crin avec les activités aéronautiques et spatiales, Galiléo et le « canceropôle » sur les anciennes friches d'AZF.

L'immobilier, pour autant, n'y flambe pas. Certes, les prix ont augmenté l'an dernier d'environ 11 % dans le neuf et de 15 % dans l'ancien. Et selon les notaires du cru, ont connu sur huit ans, une hausse de 118 %, moins que les autres villes méridionales. Mais, comme le remarque Xavier Chausson, président du groupe Omnium Finance, présent sur tous les secteurs du marché toulousain entre autres, « Toulouse comme Bordeaux s'est réveillée tard. Elle est partie de prix très bas, de l'ordre de 1.100 euros le mètre carré moyen dans l'ancien voilà cinq ans pour atteindre les 2.500 euros fin 2005. Dans le neuf, le prix moyen donné par l'Observer de l'Immobilier toulousain, est de 3.150 euros le mètre carré pour la ville intra-muros ».

Mais quelques réalisations proches du Capitole ou des bords de la Garonne affichent des prix de 4.500 à 5.000 euros le mètre carré. Les grandes surfaces, susceptibles d'accueillir des familles, peuvent se décrocher dans les secteurs Busca, Saint-Etienne, Côte-Pavée. Dans le centre ou dans le quartier Saint-Cyprien, les petites surfaces se négocient au prix fort, autour de 2.500 euros le mètre carré. Pour les maisons, il faut se diriger vers les Minimes pour des Toulousaines classiques ou sortir de la ville en s'orientant vers Tournefeuille ou Balma, deux communes où des maisons anciennes de 120 à 150 mètres carrés se vendent entre 200.000 et 300.000 euros.

Montpellier n'est pas en reste pour vanter ses qualités de ville du Sud. Et l'immobilier emboîte le pas. « Les transactions connaissent un fort développement avec des prix qui montent encore pour les petites surfaces faisant l'objet d'une forte demande et d'une offre insuffisante mais des valeurs qui s'assagissent sur les quatre-pièces et les maisons », commente Stéphane Simoneau. Il était temps, car, à 3.000 euros le mètre carré dans l'Ecusson, à Port-Marianne ou à Aiguelongue, les acquéreurs commençaient à se diriger vers le sud de la ville du côté de la Croix-d'Argent, voire de lorgner Béziers ou Nîmes. Reste qu'à force de s'entasser dans le Sud, les actifs comme les retraités risquent de se sentir à l'étroit et manquer d'air. Et d'abandonner les tuiles pour remonter au nord de la Loire afin de goûter les joies de l'ardoise.



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